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mercredi 17 mars 2010

Dalbello Krypton Cross 2010


Un monde à part


Il est parfois des trouvailles qui marquent vraiment, surtout en ces temps où la course à l'innovation se fait plus par services marketing interposés que par budgets de recherche et développement.

Et quand je dis trouvaille, je parle pour moi. Car il est une autre chose notable dans cette histoire, c'est que les objets de qualité durent. Bien sûr, le marketing les garde au goût du jour, car malheureusement, la seule qualité ne suffit pas à faire vendre et durer...

Les chaussures de ski Dalbello font partie de ces objets "magiques", à propos desquels on lit de plus en plus de choses, mais dont on sait finalement peu. Elle n'intéressent pas le grand public car trop déstabilisantes. Le grand public ne criera au miracle que lorsque Salomon ou Rossignol auront copié le principe ou racheté les brevets et le commercialiseront à grand renfort de communication, après avoir dénigré ce génial principe qui n'était pas leur.

Dalbello Krypton Cross 2010Depuis longtemps, les chaussures de ski sont un calvaire pour moi (et je sais que je ne suis pas le seul, même si dans ma famille proche, je passe pour un extra-terrestre). Le pied fin, mais pas tant que ça, un pied gauche cassé, jamais vraiment remis correctement, une jambe plus courte que l'autre... Bref, rien qui facilite le choix de chaussures de ski.

Un chaussant trop large m'oblige à serrer comme un bourricot les crochets et provoque des crampes et douleurs en tous genres dès la première heure de ski. Un chaussant trop étroit coupe la circulation du sang et provoque des engourdissements très désagréables.

Ce qui me gêne le plus dans une chaussure de ski, c'est cette sensation de ne pas guider le ski et de sentir le pied glisser à l'intérieur. J'en ai parlé à plusieurs personnes, pour lesquelles, ça ne représente aucun problème.

J'ai donc fait de nombreuses recherches, car j'avais besoin d'une chaussure qui ne serre pas trop, qui soit précise et pas trop rigide en flexion (de petite taille et de faible poids, je ne peux pas plier des chaussures de 140 de flex !) et surtout, qui tienne mon talon bien au fond de la coque sans me couper la circulation. Pari difficile à relever, mais pourtant gagné depuis peu :-)


L'acquisition de ces chaussures formidables s'est faite récemment et je ne pourrai donc pas être complètement objectif, ni exhaustif, mais les premiers contacts ont été plutôt bons.

Pour tout dire, j'ai skié deux journées complètes avec. Dès le début, la sensation est étrange. Pour qui n'a jamais chaussé de chaussures de ski de randonnée (comme moi), c'est même déroutant. Comment est-il possible de guider correctement un ski avec une chaussure aussi souple. La structure de cette chaussure répond à la question. Très souple en flexion, mais très près du pied et très rigide latéralement, elle permet de conduire le ski au millimètre. Le crochet des orteils étant parfaitement inutile, il a été enlevé et la trouvaille géniale de ce système réside dans le crochet central. Le principe de fonctionnement est extraordinaire. Il est positionné exactement à l'emplacement nécessaire pour caler le talon au fond de la chaussure. Mais avec une conception classique, le crochet réduirait la flexibilité de la chaussure. Pour éviter cela, la crémaillère est fixée sur un câble ! Donc aucune gêne en fléchissement par rapport à une crémaillère montée sur languette de plastique par exemple.

Mais tout ceci (souplesse en flexion ET rigidité en conduite) est surtout possible grâce au principe de la languette extérieure qui procure une flexion si souple et progressive tout en éliminant sensiblement les points durs. La languette appuyant sur le tibia, de bas en haut, le contact est bien plus confortable.

D'autre part, le point d'articulation de la coque, au niveau de la cheville a été abaissé pour être plus en conformité avec l'anatomie réelle d'un pied.

Essayer une chaussure comme celle-là relève de l'expérience. Autant, passer d'une chaussure 4 crochets à une autre revient à passer d'une Mégane à une C4, autant cette chaussure procure vraiment des sensations inconnues jusqu'à présent. Le désavantage, c'est qu'on peut tout à fait ne pas aimer (je pense notamment à ceux pour qui le ski consiste à serrer ses pieds dans des étaux genre Lange, et à desserrer les crochets après chaque descente pour éviter de pleurer devant tout le monde...

Sensation... nelles


Sensations étranges :
  • Pieds parallèles et chaussures posées à plat, je n'ai pas les genoux qui partent à l'extérieur ! Une position enfin naturelle quand je suis debout.
  • Pas la peine d'appuyer comme une brutasse pour plier la chaussure, elle est déjà inclinée, par sa conception, vers l'avant et surtout, son flex permet de l'incliner beaucoup plus facilement
  • Fléchissement facile, même trop facile au début.

Sur piste, une fois la surprise passée, on dompte la bête, on comprend comment elle fonctionne, on s'adapte et on aime.

Non seulement la semelle amortit les chocs, mais la languette fonctionne comme un amortisseur. On prend donc vite l'habitude d'être sur l'avant et d'appuyer et le grand plaisir est de sentir la languette qui absorbe les aspérités du terrain. En hors piste, j'ai pris un trou que je n'avais pas vu. Habituellement, ce genre d'obstacle m'aurait plié le genou à l'envers, comme souvent, mais là, c'est la chaussure qui a encaissé (violemment d'ailleurs), mais sans problème.

Petit bémol tout de même entre la théorie et la pratique ; je n'ai pas trouvé la languette plus agréable que les autres finalement. Une fois dépassés les tests en magasin, je me rends compte que j'ai toujours un point d'appui plus fort à un endroit de la languette, qui devient vite douloureux, surtout que la forme de la chaussure oblige à se positionner très en avant et donc à appuyer en permanence sur la languette. Je pense qu'à l'instar des autres chaussures, je finirai par m'y habituer et mon tibia aussi ;-)

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