Si je devais résumer ce que je pense du film, disons que les Schtroumpfs (dont Cameron nous livre là une bien insipide adaptation) avaient au moins le mérite d'avoir Gargamel, un méchant odieux, mais maladroit, emprunt d'une humanité et d'une maladresse touchantes (bien malgré lui j'en conviens). Malheureusement pour Avatar, les Na'vi ont le Colonnel Quaritch, caricature outrancière de méchant.
Cameron nous livre ici ce qu'il est convenu d'appeler un bon vieux lavage de cerveau, prompt à satisfaire les patrons de TF1 qui poursuivent exactement le même but : fournir le plus de temps de cerveau disponible pour des annonceurs.
Tout est caricatural et bien pire encore (car on eût pu imaginer alors, que ce fut du second degré) il n'y en a pas la moindre trace de ce fameux et si distrayant second degré. Tout est pré-mâché, pré-digéré même. Les personnages, à l'instar du scénario, sont lisses de toute aspérité. Le bon vieux gentil est même paralysé, histoire d'ajouter à notre incapacité à le critiquer ou critiquer ses choix. Ce petit subterfuge permet également de justifier son choix final, si grossier et entendu d'avance, mais tellement incontestable au vu de son existence terrienne.
C'est vraiment ce que je reproche au film ; aucune part n'est laissée au libre arbitre, tout est décidé à notre place. Les seuls traces (infinitésimales) de bon esprit saupoudrées ça et là par Cameron sont :
- Sigourney fume (c'est même la première chose qu'elle fait en sortant de son caisson : cigarette + caisson = 2 références à Alien, bien loin, et heureusement, d'Avatar)
- Sigourney meurt (là j'avoue ma surprise de constater qu'il a eu le culot d'être assez subversif pour faire mourir un personnage dont on s'attendait - vu l'esprit du film - qu'il ressuscitât)
Je ne suis pas scénariste et d'une manière générale, pas réputé pour être un grand créatif, mais durant le film, quand tout semble perdu et que Jake s'en va, je me penche vers ma fille (oui je suis allé le voir contraint et forcé) et lui dis : "tu vas voir qu'il part dresser la grosse bestiole orange qu'un seul autre Na'vi a réussi à dresser dans toute l'histoire de Pandora". Le temps de me retourner vers l'écran et il était debout sur la bébête, volant au secours de ses nouveaux congénères, mobilisant l'intégralité des Na'vi autour de lui (ce qui arrive très souvent) et redonnant aux troupes un moral à toute épreuve. Le tout en 30 secondes !
Quant au gros méchant pas gentil, le Colonel machin-chouette, comment ne pas le détester ? Cette pauvre caricature de personnage n'a pas l'ombre d'une chance ! Et nous non plus d'ailleurs. Autant le gentil n'affiche pas la moindre fêlure, la moindre aspérité, autant ce gros-vilain-méchant-pas-beau n'affiche pas la moindre faiblesse, et notamment dans sa connerie et sa cruauté. On nous dit clairement que c'est le méchant, qu'il faut le détester et qu'il n'y a pas d'autre façon de voir les choses. A aucun moment on instille le doute dans l'esprit du spectateur.
Non vraiment, il ne reste que la performance technique et créative. Les décors sont somptueux et la créativité des scénaristes indiscutable, bien que la 3D soit parfois bien insipide et se résume souvent à un avant-plan net posé sur un arrière-plan flou. C'est notamment lors de la bataille entre les montagnes volantes que nous aurions dus être abasourdis... Et bien, rien. J'ai enlevé mes lunettes et j'ai surtout constaté que sans elles l'image était bien plus lumineuse et agréable.
Quant aux critiques que j'ai pu lire sur le net, comparant les détracteurs d'Avatar à des hydrocéphales, je me permettrais juste de rappeler que chacun est libre de penser ce qu'il veut, surtout lorsque sa position est justifiée et étayée. D'autre part, adhérer à un mouvement de masse n'est pas forcément signe de grandeur d'esprit. Enfin, le manque de sens critique peut mener à bien des écarts.
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